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L'essentiel est
merveilleux
Editions
QUINTESSENCE
FRANCE
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L’ESTIME
DE SOI |
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"aie
confiance en toi, tu es unique sur terre, ne t'use pas
à être quelqu'un d'autre que toi"
S’estimer
c’est s’accepter tel que l’on est : en réalité,
nous ne sommes pas très charitables envers nous-mêmes.
Nous sommes très souvent l’objet de nos propres
critiques. Nous nous jugeons trop gros, trop maigres,
pas assez intelligents... Rares sont ceux qui se disent
devant leur miroir : "je m’aime comme je suis, je
me conviens tout à fait ainsi". Le corps et l’âme
sont en harmonie lorsque ces phrases sont prononcées.
Nous nous
remettons trop souvent en question. C’est à croire
que nous ne nous donnons pas le droit à l’erreur.
"C’est de ma faute! Je me suis trompé ! Comment
ai-je pu être aussi niais ? " : innombrables sont
les instants où nous nous culpabilisons à propos de
tout et de rien. Nous gâchons notre parcours spirituel
- et celui de notre entourage par la même occasion - en
nous maltraitant ainsi : au lieu de nous épanouir, nous
nous rejetons et désirons quelquefois être quelqu’un
d’autre que nous-mêmes... Nous prenons pour modèles
des sportifs, des chanteurs ou autres symboles de la réussite
pour en faire nos "idoles" avec le secret
espoir de leur ressembler un jour... Ils sont beaux,
riches et célèbres. Notre vie paraît si fade à nous,
les anonymes, que nous aimerions bien quelquefois être
aussi projetés dans la lumière, même si elle est éphémère
et artificielle. En fait nous envions et jugeons la vie
des autres, sans savoir exactement toute la vérité :
seuls des "échantillons" de leur existence
nous sont montrés, leurs moments de doute, de déprime
ou autres états d’âme sont bien cachés. Les
"stars" du show-business ne sont, en fait, que
des produits du marketing.
Il faut
admettre, avec honnêteté, que certains
auteurs-compositeurs, sous l’effet de leur
inspiration, créent actuellement de formidables textes
chantés sur de jolies mélodies : "Savoir sourire
à une inconnue qui passe, sans laisser aucune trace,
sinon celle d’un sourire..."(10) , "Ce sera
nous dès demain, ce sera nous le chemin, pour que l’Amour
qu’on saura se donner, nous donne l’envie d’Aimer..."(11).
Ce sont de véritables messages d’Amour. Ces deux
chansons ne laissent pas indifférent car elles sont à
l’aube d’une nouvelle tendance spirituelle. Il en
existe d’autres que je ne peux pas citer, parce que je
ne connais pas tous les interprètes tant ils sont
nombreux aujourd’hui à chanter dans nos postes de
radio.
Quelques célébrités,
toutes catégories confondues, mettent à profit leur
notoriété pour fonder des associations à but
humanitaire. C’est le cas, par exemple, d’un judoka
- champion olympique - d’un footballeur - champion du
monde - et de deux artistes de variétés françaises.
Ils consacrent une partie de leur temps libre à se
consacrer aux autres : ceux qui sont malades, ou ceux
qui meurent de faim et de froid. Ils prouvent
(10)
"Savoir aimer" (L.Florence- P.Guirao/ P.Obispo)
Interprétée par Florent Pagny
(11)
"L’envie d’aimer" (L.Florence-P.Guirao/ P.
Obispo) Interprétée par Daniel Lévi
ainsi, que
lorsqu’ils ne sont plus sous des lumières
artificielles, ils sont humains avant tout. Ce ne sont
plus des idoles mais de véritables exemples à suivre.
Il était très important, pour moi d’ouvrir cette
parenthèse : très lentement,
le monde du
spectacle change aussi, bien que cet univers soit réputé
impitoyable - faut-il énumérer toutes les célébrités
ayant connu une fin tragique ? Il reste ceux à qui la
gloire a fait tourner la tête : leur but est de vendre
du rêve et de
s’enrichir.
C’est probablement la détresse d’une certaine
jeunesse désorientée, celle qui n’arrive pas à
donner un sens à sa vie, qui garnit confortablement
leur compte en banque. Elle s’invente des
"dieux" vivants, des mythes en croyant qu’un
jour, elle aussi sera au firmament... Et ça marche !
Combien de jeunes, à l’heure actuelle, sacrifient
leurs études en se berçant d’illusions : celles qui
leur font croire qu’eux aussi seront des chanteurs
populaires, des footballeurs prestigieux ou des
mannequins que toutes les revues s’arrachent à prix
d’or pour les exhiber en première page... Oui, et
combien de ces jeunes arriveront au "top"
comme l’on dit actuellement : peu, très peu, et
qu’adviendra-t-il de tous ceux qui se retrouveront
dans la cruelle réalité qu’est leur vie ratée,
faute d’avoir beaucoup trop rêvé ? Il ne faut pas
abuser de cette expression "il faut bien que
jeunesse se passe", et plus exactement, il serait
plus juste d’affirmer que l’on profite de la
rentabilité de la jeunesse. Elle est la cible idéale
dans une société de consommation...
A tous ces
jeunes, j’aimerais dire tout l’Amour que j’ai pour
eux : ils sont en pleine évolution et en pleine
ascension; ils sont l’aube d’un nouveau monde qui
aura besoin de leur fougue, de leur authenticité, de
leur énergie et de leurs idées nouvelles pour évoluer
lui-aussi en même temps qu’eux. Ils ont bien du
courage d’exister, tous ces jeunes dans cet univers
soi-disant "d’adultes", qui devrait leur
apporter la sagesse, et l’expérience mais qui ne fait
que paraître et mentir pour mieux encore s’enrichir
d’argent mais pas d’Amour...
Pour que les
jeunes d’aujourd’hui trouvent un certain équilibre,
il faudrait que les adultes prennent conscience du
danger qu’est la mode du refus de vieillir. Elle
consiste à rejeter l’âge que l’on a. La jeunesse
actuelle se trouve face à ces parents qui ont peur des
effets du vieillissement, et renoncent à être adultes.
Les adolescents sont soumis à différentes pressions :
très vite, ils doivent savoir ce qu’ils veulent faire
dans la vie, quelle profession ils aimeraient exercer.
La société leur demande trop tôt de devenir
quelqu’un, alors qu’eux-mêmes ne savent pas encore
qui ils sont. Certains d’entre eux, qui ont un souci
d’authenticité, souffrent beaucoup plus que les
autres.
Ils se
retrouvent coincés entre une société qui les talonne
et des parents plus ou moins immatures.
Nous voici
devant une nouvelle génération de "parents".
Ces gens n’ont pas envie de vieillir, et encore moins,
d’accepter l’effet du vieillissement : ils ne
veulent plus assumer leur âge et la mode actuelle
utilise largement leurs angoisses, pour développer le
culte de l’éternelle jeunesse. La crise commence vers
quarante ans : elle s’installe ou disparaît selon
l’ouverture d’esprit que l’on peut avoir à cet âge-là.
Cette nouvelle classe d’âge est surnommée par les médias
"les jeunes vieux"... Ils n’ont pas envie de
vieillir car ils ont peur de mourir. Il leur est extrêmement
difficile d’intégrer l’éventualité de la mort
- qui arrivera
un jour - dans leur existence.
Tant qu’ils
n’auront pas donné un sens à leur mort, il leur sera
pénible de "vivre" chaque étape qui se présente
naturellement à eux. Ils se réfugient alors dans les
états premiers de la vie que sont l’enfance et
l’adolescence...
La jeunesse
actuelle se sent dépouillée et volée de sa propre
jeunesse, de sa propre adolescence.. Elle souffre : les
jeunes filles ont pour mères des espèces de soeurs, et
les jeunes garçons se retrouvent avec un copain en
guise de père. Il y a vraiment de quoi être déstabilisé.
Petit à petit, les rapports des parents avec les
enfants se brouillent.
Si les
adultes, au lieu d’avoir recours aux nombreux
subterfuges proposés sur le marché pour masquer leur
âge, allaient plutôt consulter un psychologue, ils
apprendraient que vieillir c’est grandir, et qu’être
humain c’est avoir tous les âges à la fois. Tant
qu’ils suivront le diktat de la société, ils ne
sauront pas qui ils sont et quel rôle ils doivent
jouer... Les individus savent intimement l’âge
qu’ils ont : c’est la société qui ne le sait pas
et qui ne veut pas le savoir.
On peut avoir
quarante ans, cinquante ans et plus, et être doté
d’une certaine jeunesse d’esprit sans pour cela
s’octroyer celle de ses enfants.
C’est
probablement à partir de cet âge-là que l’on se réalise
totalement. Que ce soit psychiquement,
intellectuellement ou spirituellement. Les gens qui s’épanouissent
deviennent de plus en plus beaux sans avoir recours aux
artifices .. On peut les comparer à des roses en train
d’éclore.
Envier les
jeunes, ce n’est pas prendre conscience de leur
souffrance. Qu’est-ce qu’être jeune ? Pendant vingt
ans on supporte plus ou moins bien le modèle familial.
On doit sortir de ce moule en le cassant sans faire trop
d’éclats. Cela prend quelquefois vingt ans. On arrive
à être à peu près heureux à quarante ans - certains
déclarent que leur vie a commencé à cet âge-là. A
cinquante ans, si l’on a pris conscience qu’il est
impératif de se débarrasser de toutes les projections
diffusées par l’entourage social, professionnel et
familial, une certaine liberté s’installe doucement.
C’est la porte ouverte à une plénitude bien méritée.
Jadis, les quinquagénaires n’avaient pas l’espérance
de vivre aussi longtemps que maintenant. Aujourd’hui,
c’est le début d’une vie, une nouvelle étape
- peut-être
plus enrichissante - qui mène au bien-être de
s’estimer et d’aimer ce que l’on est devenu. Il
faut se fier à ses propres repères, et non pas à ceux
qui sont suggérés par des modes éphémères. Les
adultes, de quarante à soixante-dix ans - et peut-être
plus - ont deux missions à accomplir. La première est
celle de s’occuper des personnes très âgées -
encore faut-il jouir d’une bonne santé pour
accompagner leurs propres parents jusqu’à leur
dernier souffle. Il est un paradoxe en ce troisième
millénaire : on permet aux gens de vivre le plus
longtemps possible, mais la société ne s’occupe pas
d’eux lorsque leur très grande vieillesse devient un
handicap.
La deuxième
mission est de montrer aux jeunes - qui sont les futurs
vieux de demain - que l’on peut vivre pleinement à
tout âge et que l’on devient vieux à partir du
moment où l’on ne sait plus s’adapter aux
changements de la vie. Peut-être arrivera- t-il un jour
où l’on ne dira plus que l’on "vieillit"
mais que l’on "évolue". Quand on adopte
cette forme de pensée, on acquiert une certaine forme
de sagesse qui déteint automatiquement sur tous ceux
que l’on côtoie. Malheureusement, une nouvelle génération
d’adultes est en train de naître : celle qui voue un
culte démesuré à l’apparence et qui n’arrive pas
à faire le deuil de sa jeunesse. Les adolescents ont
comme modèle des parents qui sont mal dans leur peau.
Alors ils se créent des idoles parce que l’univers
des adultes n’est guère réjouissant. Il est
probable, qu’un jour ou l’autre, ils seront terrorisés,
eux aussi, à l’idée de vieillir...
Comment
peut-on maintenant réparer toute cette casse ? En leur
affirmant que les apparences sont trompeuses, et que
tout ce qui brille n’est pas or, et comment le leur
faire croire ?...
Comment leur
prouver que l’on peut vivre pleinement à tout âge,
et qu’il n’est point besoin de ressembler à
quelqu’un d’autre puisque, de toute façon, chaque
être humain est unique sur terre et qu’il est chargé
d’une mission que tôt ou tard il découvrira.
Comment leur
dire qu’ils peuvent avoir confiance en eux , qu’ils
ont le droit de se tromper, qu’ils ont la vie devant
eux et que leurs propres expériences seront le meilleur
apprentissage de leur existence future... Ils sont,
pendant cette période qu’est l’adolescence, en
pleine recherche intérieure : ils ont, plus que jamais,
besoin de la sagesse des adultes pour s’orienter vers
le chemin de l’épanouissement de leur propre croyance
et de l’appréciation de ce qu’ils sont.
Essayons de
les guider vers ce qui est authentique et essentiel,
tentons de les responsabiliser pour leur montrer à quel
point nous pouvons avoir confiance en eux : l’estime
d’eux-mêmes commencera à naître mais qu’ils
n’oublient surtout pas, à ce moment-là de faire
preuve d’humilité ; ils perdront alors cette notion
nuisible de comparaison qui est à l’origine de ce fléau
que l’on appelle "l’orgueil".
Les jeunes
d’aujourd’hui sont le monde de demain : j’ai
confiance en eux, en leur Amour, je les estime, je les
comprends et je les respecte. Qu’ils soient baignés
de Lumière tout au long de leur parcours et qu’ils
sachent combien ils sont importants tels qu’ils sont
et que l’on aura besoin de leurs créations et non pas
des rêves de quelques-uns.
Qu’elle soit
portée aux cieux, cette jeunesse qui souffre, qu’elle
soit aidée, soutenue et non pas manipulée. Qu’elle
soit estimée, encouragée pour lui donner la bravoure
de continuer et de nous inventer un monde qui sera le
reflet de son âme.
"Aie
confiance en toi, tu es unique sur terre, ne t’use pas
à vouloir ressembler à quelqu’un d’autre que toi.
L’Univers a
besoin de toi tel que tu es, ne cherche pas le bonheur
à l’extérieur, celui-là est virtuel ; tu ne
l’atteindras pas et tu tomberas...
Cherche le
bien-être au fond de toi et tu connaîtras l’extase :
celle que ton âme réclame sans cesse mais que tu
n’entends pas.
Aime-toi
davantage et suffis-toi à toi-même. Tu n’as pas
besoin de l’approbation des autres pour te
congratuler. La tienne est bien plus importante et te
permettra d’avancer à ton rythme.
Accorde-toi le
droit à l’erreur, mais reconnais-la, tu seras de plus
en plus indulgent avec toi-même. Accepte le fait que
l’on puisse t’aimer dans ton intégralité, même si
quelques-uns te tournent le dos : tu apprendras alors
qu’ils n’étaient pas sincères et qu’ils
n’aimaient en toi qu’une image. Crois-tu vraiment
que l’on puisse éprouver de l’Amour pour
quelqu’un qui paraît ? Peut-être pour un moment,
mais pas pour la vie. Pour être toi-même, il te faudra
du courage, mais tu seras largement récompensé. Tu
seras à l’aube d’un nouvel être : celui qui
sommeille en toi et qui tente d’exister. Vis ce que tu
ressens, exprime ce qu’il y a au fond de ton coeur :
tu te sentiras de plus en plus léger. Ta beauté sera
telle que tu attireras ainsi des personnes comme toi :
un nouveau monde s’ouvrira à toi, celui que tu ne
connais pas et pourtant que tu as si longtemps cherché.
N’aie pas
peur de changer, tu n’es pas le seul qui es effrayé :
tout ce qui
est nouveau fait peur mais tu as tout à y gagner.
Est-ce que
l’ancien monde te réconforte ? Tes habitudes t’ont
rongé, elles te semblent rassurantes et pourtant elles
sont tes plus mauvaises conseillères.
Crois en toi
et ne te décourage jamais".
Si
je n’avais pas autant souffert de paraître pour ne
pas me sentir rejetée, jamais, cher lecteur, je
n’aurais pu écrire ceci. Dans ce chapitre, tout comme
dans la globalité de ce livre, je ne décris que ce que
j’ai vu, ce que j’ai vécu et ce que je vis

suite

Auteur
: Brigitte Cordonnier
Copyright Le Royaume
chez Rubis
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